Journée CRG-CREGOR sur "La pérennité organisationnelle " le 23 mai 2008 à l'Ecole Polytechnique (Paris)
Journée de recherche
23 mai 2008
CRG (Ecole Polytechnique) -CREGOR (Université Montpellier 2)
« LA PERENNITE ORGANISATIONNELLE »
En 2007, alors que le nombre d’entreprises créées s’élevait à 321 478 unités, celui des défaillances jugées atteignaient 38 600 unités (source : www.insee.fr). En dépit du dynamisme économique en termes de créations d’entreprises, en constante augmentation depuis 10 ans, la fragilité des organisations en début de cycle de vie reste d’actualité et les conséquences des défaillances demeurent toujours aussi lourdes pour les créanciers, les fournisseurs, les salariés et les collectivités concernées.
De plus, au delà des difficultés des premières années, il reste encore à ces entreprises le défi de perdurer sur le long terme et rejoindre - qui sait - le club très fermé des Hénokiens, cercle dont les conditions très strictes d’entrée - familiales et bi-centenaires - confère à ses membres rareté et singularité.
Les visions de long terme semblent difficiles à faire prendre forme pour nombre d’organisations. Certaines d’entre elles s’en trouvent privées parce que leur taille et leur manque de visibilité ne leur permettent pas de se projeter sur le long terme ; d’autres peinent à sacrifier le court terme pour le long terme parce qu’elles sont fortement contraintes par les exigences des marchés.
Alors que l’actualité récente souligne les dérives d’un système financier privilégiant les rendements de court terme et ponctué par des crises récurrentes depuis une vingtaine d’années, on peut s’étonner du faible nombre de travaux consacrés, a contrario, à des problématiques plaçant la pérennité des organisations au cœur des débats.
C’est à ce thème que nous souhaiterions consacrer cette journée de recherche
Les contributions proposées sont celles de :
- K. Abtal, docteur, CNAM Lorraine
A. Bloch, professeur, CNAM/HEC et E. Nabat, consultant/doctorant, CNAM
Y. Dupuy, professeur, CREGOR, Université Montpellier II
E. Godelier, professeur, CRG, Ecole Polytechnique
J-F Lebraty, professeur, CREDEG, Université de Nice Sophia Antipolis
C Macombe, chercheur, CEMAGREF, Clermont-Ferrand
En dépit de la variété des secteurs, des types d’entreprises étudiées, un cadre d’analyse commun donne une cohérence d’ensemble à l’ensemble des contributions présentées. En effet, alors que nombre de travaux se sont penchés sur la durabilité d’entreprises familiales optant ainsi pour une approche en termes de pérennité de pouvoir, nous avons choisi de privilégier les études portant sur les pérennités de projet en particulier sur les ressorts de la pérennité organisationnelle. Cette dernière peut être définie comme «capacité d’une entreprise de résister à l’épreuve des bouleversements profonds de son environnement en préservant l’essentiel de son identité ».
Ce cadre a permis d’appréhender la dialectique entre changement et continuité porteuse de pérennité : contributions d’E. Godelier, A. Bloch et E. Nabat.
Il a aussi permis d’être transposé à d’autres contextes assurant ainsi une généralisation au sens de Yin.
Ainsi, C. Macombe a transposé le cadre d’analyse de la pérennité des PME à celui des exploitations agricoles et K. Abtal l’a appliqué au secteur de BTP en posant la question de l’arbitrage entre inertie et adaptation.
J-F Lebraty a analysé la pérennité des organisations ayant opté pour une certaine forme d’externalisation de leurs activités (crowdsourcing).
Y. Dupuy enfin s’interroge sur la contrôlabilité de la pérennité des organisations.
L’ensemble de ces contributions montre qu’un véritable champ de recherche est en train d’émerger à partir d’un point de vue spécifique s’attachant à montrer que la continuité des valeurs et la préservation de l’emploi sont le fil d’Ariane d’une vision à long terme permettant aux firmes d’initier les mutations nécessaires à leur évolution sans perdre le cœur de leur identité et de leur singularité.
Sophie Mignon
Coordinatrice scientifique de la journée