Sophie Mignon (2009)
La pérennité organisationnelle : un cadre d'analyse. FULL TEXT, version provisoire
Revue Française de Gestion, vol 35(n° 192):pp 75-89.
La pérennité des entreprises apparaît à première vue comme la finalité même de la gestion entendue comme la capacité à faire émerger et faire durer un projet d’entreprendre (Brechet, 1994). Or, cette pérennité est à la fois très rare dans les faits (seules une minorité d’entreprises sont capables de dépasser le cap des cent ans) et peu étudiée dans les recherches de sciences de gestion. En clarifiant ce terme polysémique, nous proposons une typologie de la pérennité décomposée en une pérennité de pouvoir (de contrôle et de direction) et une pérennité du projet (des activités et des organisations). Ce dernier type de pérennité défini comme la « capacité d’une entreprise à résister à l’épreuve des bouleversements profonds de son environnement en préservant l’essentiel de son identité » a particulièrement retenu notre attention. La définition de cette pérennité révèle pour les entreprises la nécessité de surmonter une contradiction majeure : celle de devoir évoluer tout en restant elles-mêmes, celle d’être capables d’une remise en cause forte tout en respectant des valeurs fondamentales, celle d’être capables d’innover et d’exploiter les compétences existantes. Cette dialectique traverse de nombreux courants en sciences de gestion. Le présent article a pour ambition de présenter comment ces courants viennent nourrir la problématique de la pérennité organisationnelle et aboutir à un cadre d’analyse unifié.